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L'armée de L'union française en Indochine

   L'Armée de l'Union Française en Indochine

 

  L' armée de l'Union Française a combattu en  Indochine , loin de la métropole , souvent ignorée de la population métropolitaine , quand elle ne faisait pas elle même, l'objet d'attaques d'un certain parti politique.

Déja en 1914-1918 , puis pendant la guerre 1939-1945 , la France avait fait appel à des soldats recrutés en dehors de la métropole , dans ses colonies ou ses protectorats du moment. C'est ensuite pendant la guerre en Indochine puis plus tard pendant la guerre en Algérie et les combats en Tunisie et au Maroc que l'on a retrouvé au sein de l'armée tous ces combattants , tous engagés et volontaires , venus parfois de territoires lointains et qui ne connaissaient pas plus la métropole que les territoires sur lesquels ils combattaient . Ils appartenaient soit à l'Armée d'Afrique, soit aux troupes coloniales.

L'Armée d'Afrique s'est constitué à partir de 1830 par la mise sur pied successive d'unités à recrutement indigène ou métropolitain stationnées en Algérie , puis en Tunisie et au Maroc . Elles joueront , par la suite , un rôle considérable dans les combats en métropole mais également en Indochine et en AFN.

On estime qu'un million de combattants sont morts  pour la France entre 1830 et 1962 dans les rangs de l'Armée d'Afrique.

Comme l'Armée d'Afrique , les troupes coloniales mêlaient recrutement métropolitain et recrutement indigène , mais ces troupes avaient surtout vocation à servir hors du territoires métropolitain.

Elles étaient majoritairement constituées de tirailleurs dits sénégalais , mais recrutés en fait dans toute l'Afrique occidentale ainsi qu'en Afrique équatoriale , de tirailleurs indochinois , malgaches , somalis ou encore de combattants venant du Pacifique . Elles fourniront d'ailleurs les premières troupes de la France Libre et les premières victoires après 1940 . Elles participeront ensuite à tous les conflits qui ont suivi , donc en Indochine et en Algérie , au Maroc et en Tunisie.

C'est en effet en Indochine , qu'à partir de 1947 , après l'arrivée en 1945 du groupe mobile de la 2éme DB et de la 9éme DIC que se retrouvent tous ces combattants , aux côtés de leurs camarades métropolitains et autochtones .On peut alors parler d'une Armée de l'Union Française. Formés de volontaires en Algérie , les bataillons de marche des RTA constituent en avril 1947 la 1ére demi-brigade de tirailleurs algériens . Renforcée par le bataillon de marche du 4éme RTT, elle va combattre en Cochinchine et en Annam et au Tonkin et sa relève sera assurée par d'autres bataillons de marche venant d'AFN et puis avec d'importants renforts , lors du plan Navarre , venant d'Allemagne les tirailleurs marocains ont de leur côté largement participé au combat avec les bataillons de marche des 1er et 8éme RTM mais aussi avec les tabors. De nombreux régiments d'infanterie coloniale (6éme,9éme,11éme,21éme)sont transformés et formés avec des africains . Ils sont souvent implantés dans des postes ou forment des bataillons de marche de tirailleurs sénégalais (BMTS) qui participent aux groupes mobiles a côté d'unités nord-africaines ou de légionnaires .. Certaines de ces unités coloniales sont également formés à base d'autochtones comme les bataillons thai,muong ou les chasseurs laotiens ou comme les bataillons de marche indochinois (BMI)

En juillet 1953 , dans les rangs du corps expéditionnaire , 18000 africains combattaient en Indochine , 30000 nord-africains , 53000 réguliers indochinois ainsi que 55000 indochinois dans des unités supplétives , rattachées la plupart du temps à des régiments , à côté d'unités de légionnaires et de parchutistes essentiellement d'origine métropolitaine ceux là ou vietnamienne.

Faut -il en core signaler les nombreux commandos destinés à s'infiltrer dans le dispositif ennemi et en particulier ceux du GCMA-groupement de commandos mixtes aéroportés-implantés sur les hauts plateaux au Tonkin auprès des populations montagnardes et constitués de montagnards thai,meo ou man avec un encadrement métropolitain.

A leurs cotés , combattent les armées dites des Etats associés Viet-Nam , Cambodje,Laos qui ne commencent vraiment à exister qu'avec l'arrivée du général de Lattre en 1951 et qui compteront 200.000 hommes en 1953 . Toutes ces unités se battaient , cote à cote , dans les ouvertures de route avec ses mines et ses coupures en touches de piano , dans les postes , parfois construits à la Dubout , se refermant la nuit derrière barbelés et ses sonnettes chargées d'avertir de la présence du viet et rayonnant dans la journée parmi la population par des patrouilles ou en groupe mobile dans la brousse ou la jungle sur des petites pistes de montagne ou de foret ou d'herbe paillotte , lors des grandes opérations baptisées de noms divers , dans les deltas ou se menait au départ , une guerre contre des partisans par une armée mieux équipée , mais ou cependant le viet minh était arrivé , à la fin , autour du delta du Tonkin à  constituer plusieurs divisions. Et tous ces combats ont duré plusieurs années pour se terminer par Dien Bien Phu , bataille de plusieurs mois , ou cette cuvette fut boulversée par des travaux de défense et d'aménagement qui donneront au camp retranché un aspect de Verdun asiatique et ou cinquante mille viet contre 4000 combattants de l'armée de l'Union Française obligeront ceux-ci après une défense héroïque à déposer les  armes.

De toute cette guerre , 9000 seulement revinrent sur 39000. Prisonniers , des camps viet-minh.Ayons une pensée pour ceux de toutes races qui crurent à la France et tombèrent pour elle en Indochine , à tous leurs camarades vietnamiens , cambodgiens et laotiens , aux gardes , aux miliciens des villages , aux supplétifs , aux maquisards , aux partisans , aux soldats sans uniformes , aux civils sans habits , aux fonctionnaires et aux notables assassinés par milliers, aux coolis aux PIM loyaux et fidèles , à tous ceux qui trouvèrent dans leur courage, dans la conscience de leur métier , dans des croyances très divers , des raisons de se battre et de mourir pour la France.

Général (2S)  Jean BRUN