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Jours fériés à la carte dans les départements d’outre-mer

Le jour de l’an tamoul va-t-il être férié à la place de la Pentecôte sur l’ile de La Réunion ?Cette possibilité sera peut-être introduite par la loi Macron, adoptée, jeudi 19 février 2015, par l’Assemblée nationale. Un amendement à ce texte , défendu par Erika Bareigts (PS) et par cinq autres de ses collègues élus dans les outre-mer, a été approuvé, samedi 14 février.

 La mesure permet aux préfets des cinq départements d’outre-mer de substituer des »jours fériés locaux » à sept des onze « fêtes légales » inscrites dans le code du travail ( 1er janvier, lundi de Pâques, Ascension, Pentecôte, Assomption, Toussaint, Noël). En revanche, le 1er Mai, le 8 Mai, le 14 juillet et le 11 novembre ne pourront pas être remplacés. « Pour des raisons économiques évidentes, nous ne voulons pas que des jours fériés supplémentaires soient crées », a précisé MmeBareigts, lors des débats. Le but est de tenir compte des « contextes culturels et historiques particuliers en outre-mer » Cette adaptation du calendrier en fonction des singularités locales est réclamé depuis des années à La Réunion où hindouisme et islam sont fortement représentés .

Les outre-mer bénéficient déjà de dérogations par rapport à la métropole. L’une d’elle instaurée en 1983, prévoit un jour chômé pour célébrer l’abolition de l’esclavage – à une date différente suivant les territoires. De même de nombreux Antillais ne travaillent pas le Vendredi-Saint. Et à Mayotte, où l’islam est la religion ultra-majoritaire, l’Aïd el-Kébîr est obligatoirement chômé et payé à l’image du 1er mai ou du 1er janvier ; d’autres fêtes musulmanes peuvent par ailleurs ne pas être travaillées. Durant les discussions en séance, le ministre de l’économie Emmanuel Macron a souligné que le » risque d’inconstitutionnalité » de l’amendement de Mme Bareigts n’était » pas à exclure » dans la mesure où il n’a qu’un lien « très indirect » avec l’objet de la loi.

L’initiative de Mme Bareigts est mal vécue par l’Eglise en métropole, car les jours susceptibles d’être remplacés sont liés à des fêtes chrétiennes. »Il s’agit d’une attaque forte contre la religion catholique, nous ne pouvons l’accepter » a déclaré à l’AFP Mgr Olivier Ribadeau-Dumas , secrétaire général et porte-parole des évêques de France. De son côté Eric Ciotti, député UMP des Alpes-Maritimes, a indiqué dans un message posté sur Twitter, que les « jours fériés à la carte » constituent « une remise en cause de notre mode de vie, de nos racines, pour flatter le communautarisme »

 Article de Bertrand Bissuel dans Le Monde du 21 février 2015