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Opération TACAUD (mars 1978-mai 1980) au Tchad

En 1973, la bande d’Aouzou au nord du Tchad, réputée riche en pétrole et en uranium, est annexée par la Libye. A N’Djamena, le général Malloum est porté au pouvoir par un coup d’état au cours duquel le président Tombalbaye trouve la mort le 13 avril 1975.

En octobre 1975, les dernières troupes françaises quittent le Tchad à la demande du nouveau président du Tchad. Seule reste en place une Assistance Militaire Technique (AMT) composée de conseillers militaires, professeurs et techniciens . Le 6 mars 1976 et le 19 juin sont signés à N’Djamena les accords de coopération technique entre la France et le gouvernement tchadien. Hissène Habré devient premier ministre de Malloum, mais quelques mois après il prend la tête d’une nouvelle guérilla. Il retient en otage une archéologue française, Françoise Claustre à Bardaï qui sera libérée le 30 janvier 1977 et fait assassiner le commandant Galopin , venu négocier sa libération. Pendant cette période 1976-1977, les Forces Armées du Nord (FAN) tendance saoudienne et les FAP de Goukouni Oueddeï, tendance libyenne forment le FROLINAT(Front de Libération Nationale du Tchad) s’opposent à l’armée tchadienne. Les FAN et les FAT se sépareront en 1976 pour divergence d’opinion politique et les FAN attaqueront plusieurs postes tenus par les FAP (Fada, Biltine).

En février 1978, un accord est signé entre Malloum et Hissein Habré qui devient premier ministre.

La Libye intervenant par des attaques aériennes contre les forces tchadiennes et le Frolinat s’emparant de Faya-Largeau, le Tchad demande une nouvelle fois l’aide de la France en application des accords de 1976. C’est l’opération Tacaud.

Un détachement d’assistance militaire (DAMI) arrive d’abord pour renforcer les personnels de l’infanterie de marine qui sont en séjour d’aide militaire technique dans l’armée malienne

Puis en mars 1978,2 000 soldats français de l’armée de terre (infanterie de marine et légion) sont envoyés au Tchad, appuyés par des Jaguars de l’armée de l’air  et des Transall. La marine participe avec un commando de fusiliers-marins qui sera chargé principalement de la protection de l’aéroport de N’Djamena et un Breguet Atlantic. Tandis que des combats ont lieu entre factions tchadiennes à N’Djamena , en février et mars 1978, les premiers accrochages des unités françaises  avec le Frolinat se font à Salal les 18 et 19 mai,  où une bande rebelle est mise en fuite et un important matériel est récupéré. Une unité tchadienne encadrée par des instructeurs français se porte alors  de Mongo vers Ati au secours des gendarmes tchadiens encerclés. Les unités françaises (infanterie de marine et légion) interviennent et  attaquent puis contrôle Ati le 20 mai, soutenues par les Jaguars. Les rebelles se replient sur Djedda 45 km plus au nord. Le 31 mai , les unités françaises attaquent à Djedda pour neutraliser le Frolinat, qui fait peser une menace sur la ville –préfecture d’Ati. Au cours des combats un Jaguar est abattu par une rafale de mitrailleuse. Il faudra six heures d’intense combat pour défaire le Frolinat qui ne reprendra ses actions que 10 mois plus tard en 1779. C’est la bataille d’Abéché ( 5 mars 1979) à laquelle participera des unités françaises.

Après la conférence de réconciliation de Kano au Nigéria du 10 au 16 mars 1979, Goukouni Oueddei est nommé Président du Conseil d’état provisoire tandis que le président Malloum démissionne pour permettre un accord. Mais le colonel Kamougue, chef des FAT sécessionnistes du sud du Tchad  n’étant pas d’accord ,plusieurs réunions, dont une à nouveau à Kano ,eurent lieu avec les différentes factions pour aboutir , lors d’une rencontre à Lagos (août 1979), à l’initiative du gouvernement nigérien,  à la constitution d’un gouvernement d’union nationale de transition (GUNT) dans lequel Goukouni Oueddei est président, Hissein Habré, ministre de la défense et Kamougué, vice-président.

Après les accords de Lagos, la France regroupe ses troupes sur N’Djamena et se contente d’assurer la sécurité de ses ressortissants. Les pertes françaises lors de l’opération Tacaud sont de 28 tués et 5 Jaguars. Les unités françaises se relayent alors au Tchad jusqu’en mai 1980 date à laquelle prend fin l’opération Tacaud. Cette opération a cependant  démontré la nécessité de développer la professionnalisation de l’armée pour des interventions extérieures et entraine aux décisions qui seront prises ultérieurement  

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