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L’école militaire des cadets de la France Libre

A l’appel du 18 juin 1940 arrivent en Angleterre , de France et de l’Empire, des volontaires qui vont progressivement former les Forces Françaises Libres. Mais certains de ces volontaires ont de 14 à 18 ans et vont donc être regroupés et mis à part sous des tentes ou dans des bâtiments, encadrés par des officiers ou des sous-officiers ralliés à la France Libre.

 C’est à Roke Manor que le 30 décembre 1940 que le général de Gaulle annonce à ces jeunes la création de « l’école des cadets de la France Libre ». Le général précise que l’insuffisance des moyens qui existent à Roke Manor ne permet d’assurer le développement de cette école. C’est à la »public school » de Malvern qu’elle va être installée.

Le collège de Malvern est réputé pour la préparation de ses étudiants aux concours d’entrée dans les prestigieuses universités d’Oxford et de Cambridge. Ses professeurs, ses locaux d’enseignement, son organisation résidentielle, ses équipements sportifs sont remarquables. Et « l’école des cadets » va bénéficier de tout cela avec en plus pour l’enseignement militaire, la présence d’officiers. Le général de Gaulle a décidé qu’ils seraient tous issus de Saint-Cyr, montrant par ce choix l’attention qu’il porte à la formation de ces jeunes.

 D’ailleurs le général de Gaulle va toujours conserver des liens étroits avec les cadets. Liens empreints de sentiments affectifs  marquant pour l’un la totale confiance qu’il met dans l’engagement de ces jeunes et pour les autres leur profonde adhésion aux objectifs et à la personne du général.

A Malvern, les cadets vont donc recevoir une formation leur permettant d’accéder par concours au grade d’aspirant et ils vont être portés par un environnement affectif de haute qualité qu’ils perçoivent aussi bien à l’intérieur de Malvern que lorsqu’ils sont accueillis par des familles britanniques. Mais ils le ressentent également, lors des défilés, lorsque le fanion tricolore  des « Free French Cadets » apparaît, et qu’ils sont applaudis avec enthousiasme.

 Le général de Gaulle leur rendra visite plusieurs fois, notamment à l’occasion du baptême des promotions. C’est le 5 mai 1942 que débutent pour la première promotion les examens au camp de Camberlay. Le 18 mai, c’est le départ de l’école de Malvern, réquisitionnée par le War Office  et son transfert à  « Ribbesford Manor », bel édifice dominant la rivière Severn et la ville de Bewdley. C’est à Ribbesford que le 1er juin 1942 a lieu le baptême de la première promotion au nom symbolique de « Libération ». Puis, de décembre 1942 à juin 1944, quatre autres promotions suivront. Ce sont les promotions « Bir-Hakeim, Fezzan-Tunisie,Corse-Savoie et 18 juin ». De ces cinq promotions sortiront 211 officiers, qui seront présents en Italie, lors des débarquements de Normandie et de Provence, à Paris, en Alsace, à la pénétration en Belgique, au Luxembourg, en Allemagne et en Autriche jusqu’à Berchtesgaden, mais aussi dans les maquis et lors des combats des poches de l’Atlantique. 48 sont morts au combat et sept ont été faits Compagnon de la Libération. Et au- delà du 8 mai 1945 en Indochine, en Corée, en Algérie.

 Le 15 juin 1944, l’école militaire des cadets de la France Libre est dissoute et dans l’ordre du jour ordonnant sa dissolution, le général de Gaulle écrit : « Le nom de l’école des cadets demeurera comme celui de refuge où la jeune élite de notre armée apprit à vaincre pour la libération et la rénovation de la patrie ».

Le 17 mars 1954, une loi de la République assimile l’école militaire des cadets de la France Libre à l’école spéciale militaire de Saint-Cyr.

 Le 15 août 1956, en présence du général de Gaulle, le drapeau de l’école , décoré de la Légion d’honneur, de la Croix de guerre et de la Médaille de la Résistance est solennellement déposé au musée de Sain-Cyr. La promotion sortante de Saint-Cyr 1985-88 adopte le nom de « Cadets de la France Libre » et se fait parachuter le 6 mars 1988 près du manoir de Ribbesford, défile à Bewdley, puis à Malvern.