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Allocution 8 mai 2017 par Maurice ODIARD

72èmeANNIVERSAIRE DE LA VICTOIRE SUR LE NAZISME LE 8 MAI 1945 PAR MAURICE ODIARD   VICE PRESIDENT DU COMITE DE LIAISON

 

Le 8 mai 1945 est une journée particulière. Un garçonnet de 7 ans assiste éberlué au comportement des adultes qui l'entourent dès l'annonce d'une nouvelle dont lui ne mesure pas encore la portée historique. Les gens rient et pleurent à la fois, ils s'embrassent, s'étreignent, se congratulent. Dans le lointain les cloches sonnent à toute volée et dans le ciel paré de bleu passe d'innombrables avions, mais cette fois sans que cela ne déclenche d'alerte. Il les regarde et s'interroge.

L'enfant n'a pas connu le temps d'avant la guerre, il ne retient dans sa jeune mémoire que le chant lugubre des sirènes, la course dans les abris de jour comme de nuit, les plus pénibles parce qu'elle lui volait son sommeil et puis ce bruit des bottes de l'occupant frappant le sol, générant chez lui un sentiment de peur.

Il lui faudra du temps pour appréhender vraiment ce bouleversement qui va changer sa vie et lui permettre de grandir, dans un monde en Paix.

Confidence, le garçonnet de l’ époque, c'est votre serviteur aujourd'hui

N'oublions jamais, il y a 72 ans maintenant, 72 ans déjà, le 8 mai 1945 mettait fin pour les peuples d'Europe, à cinq années de souffrances, d'horreurs de toutes sortes, de sacrifices. Plus précisément le 7 mai 1945 à 2 h 41, après plusieurs jours de négociations, la fin de la guerre est signée pour les Américains, les Anglais et les Français. Le texte de la capitulation stipule que les hostilités s'achèveront le 8 mai à 23 h 01, heure d'Europe centrale. Pour les Soviétiques, la fin de la guerre ne sera officielle que le 9 mai à 0 h 45 en raison de leur demande d'une nouvelle signature à Berlin de l'acte de capitulation.

Ainsi, quelques jours après la mort d'Hitler, l'effondrement du nazisme s'achevait par la capitulation sans conditions du Illème Reich.

La première guerre mondiale était allée si loin dans l'inhumain, qu'on avait pu croire que ce serait la dernière.

La seconde devait montrer qu'une imagination folle au service d'une idéologie effroyable pouvait encore faire reculer les limites de l'innommable.

Près de 55 millions de morts, 35 millions de blessés, 3 millions de disparus : tel est dans le monde, le résultat de ce conflit que l'on a pu qualifier de « guerre totale » et dont les germes existaient dans Mein Kampf. (Traduction mon combat).

En effet, à la monstruosité des chiffres ajoutons la volonté systématique et organisée d'éliminer définitivement tel peuple ou tel groupe social. Une idéologie brutale qui proclamait la primauté de la force sur le droit, du racisme sur la fraternité, de la guerre sur la Paix, allait étendre ses tentacules sur l'ensemble de l'Europe. Mais comment cela avait-il été possible ?

 

Quelques dates :

En 1919 Hitler entre au parti ouvrier allemand d'extrême droite, élimine son chef Drexler et rebaptise ce parti « Parti National Socialiste allemand du travail ».

La crise de 1929 cristallise les mécontents autour de ce parti et en 1930, 107 députés nazis sont élus.

Après l’incendie du Reichstag, le parti nazi recueille 40% des voix et son chef reçoit alors les pleins pouvoirs.

On connaît la suite et le détail de cette montée du fascisme à travers les urnes.

L'Europe et le monde allaient payer très chère cette folie. Sans les alliés, sans la Résistance, Hitler aurait bâti son grand Reich pour mille ans.

 

Heureusement, répondant à l'appel du général De Gaulle, des hommes et des femmes se levaient, alors que d'autres se couchaient ou tournaient la tête.

La Résistance fut le socle sur lequel la France Républicaine et démocratique, que nous aimons et que nous défendons, fut rebâtie et rien ne serait pire que de masquer l'honneur de la Résistance et le déshonneur de Vichy.

Il y eut, parmi ces combattants, ceux et celles qui croyaient au ciel et d'autres qui n'y croyaient pas, des gens de sensibilités politique ou d'origines diverses. Mais au- delà de ce qui les séparait, tous savaient alors ou était l'inacceptable et tous avaient la République au cœur.

Pour la France cette victoire tant espérée marquait le terme de ses souffrances, le retour de son prestige, le triomphe de ses idéaux. Occupée, meurtrie, pillée, la France avait vu nombre de ses fils déportés, emprisonnés, torturés, abattus. La victoire dissipait son cauchemar. Par l'héroïsme de la Résistance et de son armée victorieuse aux cotés de ses alliés, la France prouvait au monde qu'elle n'avait rien perdu de sa grandeur. La victoire la retrouvait fidèle à ses traditions séculaires pour la sauvegarde de la liberté et de la dignité humaine.

Pour mémoire, le Général d'Armée De LATTRE de TASSIGNY, commandant en chef de la Première Armée Française, signait, au nom de la France, l'acte solennel de la reddition. Dans l'ordre du jour N° 9 qui suivra, il rendra un vibrant hommage à tous les généreux compagnons tombés au Champ d'Honneur. «Ils ont rejoint dans le sacrifice de la gloire, pour la rédemption de la France, nos fusillés et nos martyrs ».

En 1945, les forces alliées ont mis fin à une guerre dont les traces demeureront longtemps dans notre histoire. Nous ne rendrons bien hommage au combat qui a été le leur que si nous savons créer les conditions d'une Paix pérenne.

C'est pourquoi les Associations d'Anciens combattants, de Résistants et de Déportés, considèrent que ces pages d'histoire partagées entre événements douloureux et moments héroïques, doivent être connues de la jeunesse. Il faut que celle-ci prenne conscience de la fragilité de nos démocraties appelant à une vigilance de tous les instants pour la défense des droits de l'homme et la préservation de la Paix.

Elles font siennes cette citation de l'UNESCO lors de sa création, le 16 novembre 1945.

«Les guerres prenant naissance dans l'esprit des hommes, c'est dans l'esprit des hommes que doivent être élevées les défenses de la Paix ».

Le Comité de Liaison