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PEARL HARBOR 7/12/1941

 

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Pearl Harbor, 7 décembre 1941

L’attaque japonaise sur Pearl Harbor entraîna l’entrée en guerre des Etats-Unis.  Cette attaque fut la réponse du Japon aux sanctions économiques de juillet 1941 décidées par les Etats-Unis après l’invasion de la Chine et de l’Indochine par le Japon qui manifestait également  ses ambitions politiques d’expansion impériale dans le Pacifique.

 

Le 7 décembre 1941 était un dimanche comme les autres pour la flotte américaine du Pacifique. Les équipages étaient en permission de fin de semaine et les bâtiments peu préparés à l’action. Tel fut  le spectacle paisible que les pilotes de l’amiral Nagumo  découvrirent  quand au matin ils eurent laissé au-delà de l’horizon  l’escadre des porte-avions qui les avait amenés jusqu’à leur cible : Pearl  Harbor

Quand les Japonais eurent pris la décision d’attaquer l’US Navy, avec l’approbation de l’empereur  le 5 novembre du plan de l’attaque,  ils préparèrent l’opération avec  leur minutie coutumière. Ils savaient par leurs espions  que la grande flotte basée à Pearl Harbor était enlisée dans la routine du temps de paix , en dépit de la tension internationale. De toute façon , elle constituait une cible formidable. Une escadre de cuirassés ne pouvait pas se charger de cette mission, car sa présence aurait été décelée longtemps à l’avance . Seul un groupe de porte-avions, concentrant un maximum d’appareils de bombardement, munis de projectiles spécialement préparés,  pouvait bénéficier d’un effet de surprise. Les possibilités de succès d’un assaut aérien , à partir de porte-avions, avaient été démontrées  en 1940 par l’opération britannique sur le port italien de Tarente. Les Japonais, quant à eux, n’étaient pas novices dans l’attaque surprise. Ils gardaient  le souvenir  de celle de 1905 contre la base navale russe de Port-Arthur.

L’ensemble de l’escadre attaquant avait été rassemblé en grand secret dans un mouillage isolé dans la partie la plus désolée de l’archipel des Kouriles, à l’extrême nord-est du Japon.  Etant donné que la moitié du Pacifique séparait ce point des îles Hawaï et qu’en outre la route à suivre faisait un grand détour par le nord, un accompagnement  de bateaux de ravitaillement en vivres et combustibles dut être décidé. Le ralentissement de la vitesse de croisière  qui en résultait ne devait  avoir aucune incidence  sur le résultat de l’opération.  Partis le 26 novembre  1941, les Japonais entreprirent  le circuit par le nord, enveloppés et protégés  en même temps  par le brouillard et le mauvais temps.  Le trajet suivi était éloigné des routes usuelles  et hors de portée de tous les avions de patrouille maritime  de l’île de Midway. Des sous-marins avaient été envoyés en reconnaissance.

L’amiral Nagumo reçut le 1er décembre l’ordre d’attaquer. Deux jours plus tard , loin au nord-ouest d’Hawaï,  il fit le plein auprès des ravitailleurs. L’escadre fin prête, sans que rien n’ait filtré de sa présence et de ses intentions , éleva sa vitesse à vingt-cinq nœuds. Pour  porter à son comble le désarroi des Américains, Nagumo avait décidé que l’attaque aurait lieu un dimanche, le 7 décembre, à l’heure du breakfast. La  veille au soir, Nagumo reçut les dernières informations sur la composition  de la flotte américaine à l’ancrage et fut désappointé  d’apprendre qu’aucun porte-avions ne s’y trouvait. Les services secrets japonais  n’avaient pas l’air de trop  bien connaître  leur position. Du fait, sur les cinq porte-avions américains qui devaient se trouver dans le Pacifique, deux étaient dans l’Atlantique. L’un des trois restants, le « Saratoga » était sur la côte ouest des Etats-Unis tandis que les deux autres le << Lexington>> et l’ << Enterprise >> étaient partis livrer des avions.

Quand ils approchèrent  de  leur point d’envol à 450 km  au nord d’Hawaï , les Japonais  savaient trouver  huit cuirassés, huit croiseurs, vingt-neuf destroyers et quarante autres  navires de différents types.

Avant l’aube, quatre hydravions  s’envolèrent pour une première reconnaissance des abords de l’objectif. A cause des mauvaises conditions météorologiques, la première vague d’attaque ne se forma qu’à 6 heures. En quinze minutes, cent quatre-vingt-trois  avions se rangèrent en ordre de bataille sans la moindre anicroche , ce qui à l’époque faisait figure de performance. Pendant ce temps, encore sous le coup des agapes habituelles du samedi soir, les bâtiments et les équipages de la flotte américaine furent surpris par l’irruption au dessus de la rade de quarante avions torpilleurs, cinquante et un bombardiers en piqué, quarante bombardiers armés de projectiles d’artillerie modifiés, le tout escorté de quarante-trois chasseurs.

Bien entendu, l’approche de cette considérable flotte aérienne avait été détecté par le radar de service 24 heures sur 24 et l’information avait été transmise  hiérarchiquement , mais sans que personne y croie et n’agisse en conséquence. Personne ne pouvait envisager une attaque , en pleine paix, arrivant du nord et non pas de l’ouest. Cependant , le Japon avait envoyé le 6 décembre un message annonçant la rupture des relations diplomatiques avec les Etats-Unis  qui mis longtemps à être déchiffré et qui provoqua un message d’alerte du général Marshall à toutes les bases américaines du Pacifique, message qui arriva à Hawaî après l’attaque des Japonais.

A 7h55, l’attaque se déclencha,

alors que la plupart des équipages étaient à terre. Les réactions de la défense furent désordonnées et inefficaces. Des avions attaquèrent les terrains d’ atterrissages et aérodromes  en détruisant  les avions au sol et en bombardant les pistes. Deux cents avions furent détruits et cent soixante trop endommagés pour prendre l’air. Ceux qui s’envolèrent ne purent pas grand-chose contre les Zéro. Au centre de la rade, entre l’île de Ford et le port d’Honolulu, une file de cuirassés était au mouillage , seuls ou par paires, accompagnés de navires auxiliaires .L’étroitesse de l’espace réservé à l’évolution des appareils ,les obligeaient à observer de très près l’ordonnance de l’opération, mais les cibles ne bougeaient pas et ne tiraient pas et les pilotes étaient supérieurement  entraînés.

Dix minutes après le début de l’attaque, se produisit l’explosion de l << Arizona >> dont la soute à munitions avait été  atteinte par une bombe improvisée et qui causa la mort de 1 200 hommes. Derrière lui , le « West  Virginia » fut touché par six torpilles et commença à s’enfoncer abritant par sa masse le << Tennessee >> qui était ancré entre lui et l’île de Ford. Le « California » reçut deux torpilles et commença à couler. Le mazout échappé des réservoirs  s’enflammait et un voile noir de fumée s’étendait sur la rade. Le « Nevada » quoique touché réussit à se mettre en route avant de s’échouer. Mais au moment ou la première vague d’assaut s’éloignait, arrivait la second vague. Le « California » fut encore frappé deux fois  et s’enfonça à hauteur de ses tourelles. La plupart des bâtiments furent touchés y compris le <<Pennsylvania >> qui était dans le port ou mis à mal à différents degrés. Cependant les défenses commencèrent à s’organiser  et la tache fut moins facile pour la deuxième vague japonaise .Les Américains perdirent 2 400 hommes et eurent 1180 blessés  au cours de cette  attaque. Quatre cuirassés, trois croiseurs, trois destroyers et 188 avions furent coulés,  détruits ou endommagés. Beaucoup de navires purent être remis en état.

A midi, Nagumo  ayant renoncé à envoyer une troisième vague aérienne, avait récupéré ses avions , moins vingt-neuf avions abattus et cinq sous-marins de poche coulés, et avait écrit une page de l’histoire , mais aussi mis en route une chaîne d’événements , qui à la fin du compte, devait aboutir à l’écrasement de son pays. La force de choc des Japonais aurait peut-être eut plus de répercussions en s’appliquant sur  des installations fixes  de la base plutôt que sur de vieux cuirassés  dépassés. Les forces , qui dans la guerre devaient se montrer ultérieurement   les plus efficaces , les porte-avions et les sous-marins, restaient intactes et allaient former  le fer de lance qui terrasserait le Japon.