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Le Conseil national de la Résistance (mai 1943)

Le Conseil national de la Résistance (CNR) était l’organisme qui dirigea et coordonna les différents mouvements de la Résistance intérieure française, de la presse, des syndicats et des membres des partis politiques hostiles au gouvernement de Vichy à partir de mi-1943.

Dans les premières années de l’occupation, selon les dirigeants de la France Libre, les mouvements de résistance, hormis les Francs-tireurs et partisans (FTP) et autres résistants d’obédience communiste, étaient le plus souvent inorganisés et n’étaient pas suffisamment coordonnés. Aussi nombre de maquis n’entretenaient pas de relations entre eux, et encore moins avec Londres. Ce cloisonnement des mouvements de résistance, s’il garantissait en partie leur sécurité, empêchait toute action commune efficace.

 Le général de Gaulle souhaitait instaurer ce Conseil afin d’unifier les différents mouvements  de résistance qui s’étaient constitués spontanément depuis la défaite de 1940 et son appel du 18 juin au lendemain de la demande d’armistice par le maréchal Pétain.

Représentant du général de Gaulle en France depuis le 1er janvier 1942, Jean Moulin entreprend l’unification des mouvements de résistance. En juin 1942, il met en place un » comité des experts » chargé de réfléchir à des projets politiques pour l’après guerre et multiplie les contacts avec es différents mouvements pour faire reconnaître la primauté du chef de la France Libre sur l’ensemble des mouvements de la résistance intérieure.

 Après des mois de négociations difficiles avec les mouvements, les syndicats et les partis politiques,  et malgré l’opposition de certains dirigeants de la Résistance, Jean Moulin parvient enfin à réunir toutes ces organisations dans Paris occupé,  le 27 mai 1943, au 48 de la rue du Four dans l’appartement de René Corbin. C’est la naissance du Conseil national de la Résistance qui montre l’unité de la Résistance française..Le vote, qui a lieu à l’unanimité permet au général de Gaulle d’évincer peu à peu le général Giraud ,soutenu par les Américains, de la direction du Comité Français de Libération Nationale. Les Américains ne peuvent plus douter de sa légitimité ,la France devient un pays allié à part entière et, à ce titre, sera présente lors de la capitulation des armées nazies, le 8 mai 1945. D’autre part,  les Alliés doivent abandonner leur projet d’administrer eux-mêmes la France au fur et à mesure de sa libération. Et parce qu’il y a eu le CNR et de Gaulle, la France sera, lors de l’Organisation des   Nations Unies , l’une des cinq grandes puissances à occuper un siège permanent au sein du Conseil de Sécurité.

Outre Jean Moulin et deux collaborateurs, Pierre Meunier et Robert Chambeiron assistaient à cette réunion historique :

 Des représentants des deux grands syndicats d’avant-guerre : Louis Saillant pour la CGT et Gaston Tessier pou la CFTC

Des représentants des six principaux partis politiques de la troisième République : André Mercier pour le Parti communiste, André Le Troquer pour le parti socialiste SFIO, Marc Rucart pour le parti radical et radical-socialiste, Georges Bidault pour les démocrates chrétiens, Joseph Lagniel pour l’Alliance démocratique (droite modérée et laïque) et Jacques Debu-Bridel pour la Fédération républicaine (droite conservatrice et catholique)

 Des représentants des huit grands mouvements de résistance : Pierre Villon du front national de la résistance (communiste français), Roger Coquoin pour Ceux de la Libération, Jacques Lecompte-Boinet pour Ceux de la Résistance, Charles Laurent pour Libération –Nord, Pascal Copeau pour Libération-Sud, Jacques-Henri Simon pour Organisation civile et militaire, Claude Bourdet pour Combat, Eugène Claudius-Petit pour Franc-Tireur.

Après l’arrestation de Jean Moulin à Caluire le 21 juin 1943, Georges Bidault devient président du CNR. Celui -ci décide de mettre fin à ses réunions plénières et constitue un bureau exécutif de cinq membres, chaque membre représentant son propre courant sous la direction d’Alexandre Parodi, Délégué général du Comité Français de Libération Nationale .Un Comité général d’études est créé pour prendre la suite du Comité d’experts créé par Jean Moulin et préparer un projet d’action politique pour la France après sa libération.

 Les points essentiels du projet du Comité général d’études sont adoptés par l’Assemblée consultative à Alger en novembre 1943 et deviendra le programme du CNR appliqué à la Libération.

Le 15 septembre 1944, Louis Saillant succède à Georges Bidault à la tête du CNR.