LA FRANCE MUTUALISTE 21Boulevard des Brotteaux 69006 LYON Tel: 04 72 10 06 75 Fax: 04 72 10 90 29

Mail : lyon691@la-france-mutualiste.fr


La campagne de Tunisie

Le 8 novembre 1942, les Alliés lancent l’opération Torch et débarquent en Afrique du Nord française. Réagissant prestement , les Allemands parviennent à établir une solide tête de pont en Tunisie, en expédiant sur ce nouveau front 175 000 hommes et 550 blindés entre novembre 1942 et janvier 1943 .Cet ensemble constitue la 5ème Panzerarmee du général von Arnim. Le 17 novembre, tandis que le sud tunisien tombe sous le contrôle de l’Axe, les premiers contacts sont établis entre les forces françaises de Tunisie et les troupes alliées qui avancent depuis l’Algérie. La première tentative anglo-américaine en direction de Tunis amène les Alliés à 20 km du port mais ils sont stoppés et finalement repoussés après avoir subi d’importantes pertes. Puis très vite les Allemands reprennent l’initiative et les forces alliées subissent de cuisants revers , notamment à Tabourda en décembre 1942.La première phase de la campagne de Tunisie s’achève donc de façon décevante pour les Alliés. Il n’est plus question pour Eisenhower de prendre à revers la Panzerarmee de Rommel, laquelle comprend le mythique Afrikakorps, qui bat en retraite depuis El Alamein, en Egypte. La campagne va s’éterniser pendant six mois, mettant aux prises des belligérants sur un terrain très montagneux favorisant les défenseurs.

Pendant la deuxième phase de la campagne, en janvier –février 1943, l’Axe garde l’initiative en lançant une série de contre-attaques. Les premières opérations , qui visent à s’assurer le contrôle d’importants cols, sont un vrai succès. Elles malmènent les forces françaises du 19 ème corps du général Koeltz, sous-équipées et mal soutenues par les Américains. Depuis le début de la campagne, l’armée française a perdu plus de 8 000 hommes. Début février, Rommel, enfin regroupé en Tunisie, soumet un plan visant à contraindre les forces alliées à se retirer en Algérie. La 5ème Panzerarmee doit frapper le à partir du col de Faïd, tandis que l’Afrikakorps attaquera un peu plus au sud. L’offensive est déclenchée le 14 février. Le 20,bousculant un adversaire peu aguerri, les vétérans de Rommel s’emparent de la passe de Kasserine. L’offensive marque toutefois  le pas et doit être interrompue avant d’avoir atteint ses objectifs .Les Américains sont néanmoins désorganisés et ont perdu 7 000 hommes, près de 200 chars et autant de pièces d’artillerie ainsi que des centaines de jeeps, camions et half-tracks. Les directives du haut-commandement italien et la mauvaise volonté du général von Arnim, qui a gardé d’importantes réserves de Panzer, ont empêché les forces de l’Axe de remporter une victoire décisive. Pendant ce temps, ans le sud, la 8ème Army de Montgomery représente pour les Allemands une nouvelle menace. Rommel, devenu le chef du Heeres-Group Afrika, constitué  de la 5ème Panzerarmee et de la 1ère armée italienne est donc amené à l’attaquer à Médenine, le 6 mars1943. Au lendemain d’un échec cuisant,malade, il cède son commandement à Arnim  et quitte l’Afrique par avion, pour ne plus jamais y revenir.

Les Alliés ont désormais l’initiative jusqu’à la fin des opérations. Au sud, le 16 mars , la 8ème Army se lance à l’assaut de la 1ère armée italienne du général Messe qui s’appuie sur les positions de la ligne « Mareth ». Le lendemain, le 2ème US Corps du général Patton attaque à son tour et s’empare de Gafsa, puis se dirige vers Maknassy, menaçant les arrières de l’ennemi. Les troupes germano-italiennes offrent cependant une résistance sérieuse et Messe réussit à se rétablir sur l’oued Akarit avant de se retirer en bon ordre en direction de Enfidaville. La 8ème Army, après son long périple depuis l’Egypte, a retrouvé ses alliés américains , venus de l’autre côté de l’Atlantique. Le 11 avril, la 8ème Army et la 1ère Army opèrent leur jonction à Kairouan et vont pouvoir agir de concert. La grande offensive interalliée qui doit aboutir à la conclusion de la campagne est baptisée « Vulcan ». La situation logistique  du Heeres-Group Afrika est alors catastrophique et la supériorité numérique alliée es écrasante ( 500 000 hommes contre 175 000) . La 8ème Army part la première à l’attaque le 19 avril, mais la défense germano-italienne s’avère solide dès le début des opérations. Cette offensive généralisée , de plus de 20 divisions alliées contre un ennemi affaibli , n’est donc pas parvenu à briser la résistance adverse.

Il faudra attendre le6 mai, pour que l’assaut final soit enfin donné avec l’opération » Strike ». Le général von Arnim ne peut qu’ordonner à ses deux armées de se replier : la 5ème Panzerarmee part vers Bizerte et la 1ère armée italienne vers la péninsule du cap Bon. Une résistance sporadique se poursuit pendant quelques jours , puis les redditions se succèdent. Arnim se rend le 11 mai, puis Messe le 13 mai. Les Alliés ont capturé environ 250 000 prisonniers depuis le début de la campagne. Les conséquences de la défaite de Tunisie sont aussi graves pour l’Axe que celle de Stalingrad. La fin de l’Italie fasciste est proche. Pour les Allemands, elle signifie la perte de nombreuses unités d’élite .Du fait des pertes , celle-ci seront en nombre insuffisant lors de la bataille sur le front de Normandie. Dans cette campagne, l’armée française est de retour au combat avec des effectifs conséquents (80 000 hommes de l’armée d’Afrique), qui sous équipés, ont participé aux côtés des Américains et des Britanniques au succès final de cette campagne.