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Sur les pas du père Brottier et de Georges Clémenceau n2

 

Brottier clemenceau 2 p1 1b

Georges CLEMENCEAU

(1ere Partie - Un caractère déjà bien trempé - 1841 -1885)

 

Georges Clemenceau aurait dû naître à Féole de la Réorthe, dans ce beau château de l'Aubraye où vivaient les Clemenceau depuis deux générations, cèst-à-dire depuis que le grand-père Paul avait épousé en 1809 Marie-Thérèse Joubert, fille et héritière de Me Joubert. notaire, qui avait acheté cette propriété pour faire plaisir à son épouse. 

Mais, à lépoque, il était courant que les jeunes épousées aillent chez leur mère pour accoucher de leur premier enfant. Voilà pourquoi Emma Sophie Gautreau épouse de Paul Benjamin Clemenceau alla faire ses couches chez ses parents, à Mouilleron-en-Pareds (Vendée), rue de l'église, et pourquoi on inscrivit le 28 septembre 1841 sur les registres de la mairie un bébé du nom de Georges Benjamin Clemenceau. 48 ans avant qu'on en couche un autre du nom de Jean de Lattre de Tassigny. 

Georges clemenceau jeune

Les Clemenceau sont des bourgeois protestants, séduits par les idées de la Révolution. Georges dira de son père dont il doutait des qualités de médecin : « heureusement il n'avait jamais un seul malade, il l'aurait tué net ». Par contre, il était intègre mais sombre et toujours en colère, il avait une vénération pour la Révolution. Ce père qui a tout de même eu une influence sur lui et qui lui a transmis son anticléricalisme en lui disant : « Pas de religion à la naissance, ni au mariage, ni à la mort ». Ce père, mêlé à l'attentat contre Napoléon III, partant en exil, enchaîné entre deux gendarmes à qui le petit Georges crie « je te vengerai ! » et qui lui répond : « Si tu veux me venger, travaille ! ». 

Le petit Georges a trois sœurs Emma, Adrienne et Sophie, et deux frères Paul et Albert qui l'aidera en tant qu'avocat à défendre Zola dans l'affaire Dreyfus. L'enfance se passe au début à Mouilleron. puis surtout à l'Aubraie et parfois à Nantes où le père a son cabinet de médecin. 

A dix ans. il entre à la pension Monfort à Nantes, puis, l'année suivante, au Lycée de Nantes qui plus tard prendra son nom. Il en sort avec quelques prix de latin et de grec. Mais les vacances se passent toujours à l'Aubraie où il retrouve son grand-père qui avait 16 ans en 1 793 et qui lui raconte les Guerres de Vendée, et puis l'arrière-grand-mère, veuve du notaire, qui à 88 ans, trottine et commande encore au château. Mais surtout à l'Aubraie. il court dans la campagne vendéenne dont il connaît les chemins, les bois et les rivières et qu'il décrira joliment plus tard dans ses livres « Le Grand Pan » et « Au fil des jours ».

Il doit être médecin, alors il entre à la Faculté de Médecine de Nantes et sort premier à l'examen de première année. Mais dès la deuxième année, les choses se gâtent. Georges est chahuteur, contestataire et même anarchisant. ce qui le met en conflit avec le service des hôpitaux qui est assuré par des religieuses. En troisième année, son caractère impétueux s'amplifie, des blâmes lui sont infligés pour « défaut d'harmonie, coups de fusil tirés dans les cours, bris de vitres, inscriptions obscènes et commerce avec des créatures ». 

Georges clemenceau un excellent cavalier 1a

A la veille d'être exclu de l'Ecole de Nantes, Georges Clemenceau prend les devants et part à Paris pour y terminer sa médecine. Son père l'accompagne et le présente à Etienne Arago. auteur dramatique et déjà homme politique qui va devenir Maire de Paris et chez qui se réunissent régulièrement les principaux membres de l'opposition républicaine. Le jeune Georges y fait ses premiers pas en politique et. tout en continuant ses études de médecine, publie son premier journal « Le Travail ».

Dès le numéro 8 du journal, Clemenceau publie un article sur « Les Martyrs de l'Histoire » et une convocation à la commémoration de l'anniversaire de la proclamation de la République. Or il ne faut pas oublier qu'on est alors toujours sous Napoléon III, donc sous le Second Empire. Georges va être arrêté et condamné. Il purge soixante-dix-sept jours d'enfermement dans une cellule de la prison du boulevard Mazas à Paris, prison transférée depuis à Fresnes. Il y rencontrera des révolutionnaires comme Blanqui et Scheurer-Kestner qui joueront un rôle dans sa vie.

Son nouveau journal « Le Matin » va paraître et en 1865. devenu Docteur en médecine de la Faculté de Paris, il soutien sa thèse « De la génération des éléments anatomiques ».

Mais, dès la fin 1865. le jeune Georges décide brusquement de partir pour les Etats-Unis d'Amérique. Pourquoi ? Est-ce son caractère combatif qui risque de nouveaux ennuis avec la police de Napoléon III ? Est-ce un chagrin d'amour avec la sœur de son ami Scheurer-Kestner ? N'est-ce pas plutôt l'envie d'aller voir sur place cette jeune démocratie américaine où la guerre de Sécession vient de se terminer ? Toujours est-il qu'après une escale en Angleterre, il arrive à New-York où il s'installe à Greenwich-Village. Il écrit des articles pour le journal « Le temps » mais surtout il visite le Sud. la Virginie, rencontre des politiques, aborde le problème de l'esclavage des noirs. « Il n'y a de dignité que dans l'affranchissement, d'intelligence que dans la liberté ! ».

Année passionnante pour lui, mais en 1867 Papa Clemenceau veut couper les vivres à Georges et ordonne son retour à Paris.

Pas envie de rentrer en France, besoin d'argent, il faut que Georges trouve un emploi. Il va le trouver grâce à un ami. Dans un pensionnat de jeunes filles dans le Connecticut à une soixantaine de kilomètres de New-York, on cherche un professeur de français et d'équitation. Georges possède bien la langue anglaise et est excellent cavalier : il est agréé. Bien sûr, ce beau jeune homme de 26 ans, élégant, brun avec une moustache déjà conquérante, fait un peu tourner la tête de toutes ces demoiselles et en particulier de Miss Mary Plummer, jeune orpheline qui a pour tuteur son oncle, le pasteur Horace Taylor. Elle est très amoureuse de lui et Georges demande sa main. Le pasteur y consent. Le mariage se fera au temple ! Mais Clemenceau se récrie, les mots de son père lui reviennent : « Pas de religion à la naissance, au mariage et à la mort. » Le pasteur est inflexible. Mary pleure. Georges malheureux rentre en France. Il écrit à Mary « Entre Dieu et moi. il faut choisir. » Elle répond par télégramme : « Préfère-vous ! » Le brave pasteur s'est laissé attendrir. Clemenceau prend le bateau et le 20 juin 1869 il épouse Mary Plummer au domicile d'Horace Taylor. Ils auront trois enfants : Madeleine épouse Jacquemaire, Thérèse épouse Yung et Michel. Ils resteront mariés 23 ans.

Les nouveaux mariés rentrent à l'Aubraie où Georges fait de la médecine. Jusqu'en août 1870 où il monte à Paris car la situation s'aggrave. L'Allemagne écrase les troupes françaises à Sedan. Napoléon III est pris, Gambetta proclame la déchéance de l'Empire et l'avènement de la République. Arago est Maire de Paris : « Et toi. Clemenceau, tu es Maire du XVIIIème à Montmartre î » Il sera bientôt élu député de Paris. Le 13 février 1871.il refuse, avec 107 députés dont Victor Hugo, de mettre sa signature au bas d'un traité de paix « qui ampute la France de l'Alsace et de la Lorraine. » Jusqu'en 1918, Clemenceau aura toujours cette blessure au cœur.

Pendant l'épisode sanglant de La Commune qui opposera Thiers et les Versaillais aux Fédérés Communards, Clemenceau ne pourra pas empêcher l'exécution des généraux Lecomte et Thomas par une foule surexcitée. Les Communards élisent un nouveau conseil communal. Clemenceau rentre à l'Aubraie. A Paris, les Versaillais exécuteront 20 000 Communards.

Quatre mois plus tard, Georges Clemenceau revient à Paris. En juillet 1871, les habitants de Montmartre le réélisent conseiller municipal du XVIIIème. Mais il faut bien vivre et Georges n'a pas oublié qu'il est médecin. Il ouvre un dispensaire au 23. rue des Trois Frères. Un journaliste du Figaro le décrit : « Un homme aux cheveux ras et grisonnants, au grand œil noir, à l'épaisse moustache noire, au teint de moine, à l'air franc et ouvert, à la main toujours tendue, correctement vêtu. Voilà Monsieur Clemenceau ».

Ses malades lui prennent beaucoup de temps. Il parcourt les ruelles de Montmartre, se penchant sur les grabats, soignant, consolant, aimant les déshérités. Ils le lui rendent bien. En 1874. il est réélu conseiller puis président du conseil municipal de Pariset en 1876, député de Clignancourt.

L' homme politique est bien assis!

La maison natale de georges clemenceau

Au conseil municipal, le docteur Clemenceau s'investit dans toutes les actions touchant à l'hygiène et à la salubrité. Il plaide pour que les cimetières parisiens soient déplacés vers la banlieue, pour qu'on augmente le nombre de lits dans les hôpitaux, pour qu'on supprime les logements insalubres, pour que les enfants assistés ne pourrissent plus à l'hospice, mais soient envoyés à la campagne ou dans un milieu salubre. Sur son initiative, il est créé une chaire des maladies mentales de la Faculté de médecine de Paris. En 1884. une épidémie de choléra se déclenche dans le Var. Le gouvernement refuse d'envoyer une mission. Clemenceau, avec cinq collègues, y part, visite les malades, prend leur pouls, les encourage. L'année suivante, marqués par son courage et sa compétence, les électeurs l'élisent au premier tour député du Var. Il a 45 ans. Sa grande carrière politique n'a pas encore commencé.

Claude Mercier

 

Je cède à titre gratuit à l'Union Nationale des Combattants, le droit de reproduire ce texte et les photos pour la réalisation de la plaquette n °2 du « Centenaire de l'UNC ».

Claude Mercier

 

A SUIVRE : (2016) - Clemenceau, le Tombeur de ministères ( 1885-1914)

                  (2017) - Clemenceau, le Tigre ( 1914-1917)

                  (2018) - Clemenceau, le Père la Victoire (1917-1929)

 

Les effets d'équipement du poilu

 

 Le casque ADRIAN Le casque adrian

 Le casque Adrian Mlle 1915, lointainement inspiré de la bourguignotte du Moyen Âge. est le casque militaire en dotation dans toutes les troupes françaises pendant la durée de la Première Guerre mondiale. Il fut conçu dans l'urgence quand des millions de soldats se retrouvèrent engagés dans la guerre de tranchées et que les blessures à la tête devinrent la cause principale des pertes sur le champ de bataille.

Il remplaçait une cervelière en acier placée sous le képi réglementaire. Ce nouveau casque adopté en février 1915. fut distribué à partir de septembre 1915. 

 

Fabrication :

Ces casques sortent des usines Japy Frères à Paris (rue Albouy) et à Beaucourt. près de Belfort, et d'autres entreprises (Compagnie Coloniale, Reflex, Jouet de Paris, Société des phares Auteroche, Dupeyron, Compagnie des compteurs, et Bonnet, sur le boulevard Beaumarchais à Paris) et ont été conçus à l'aide de Louis Kuhn. chef de l'atelier d'agrafage mécanique des établissements Japy Frères. Ils ont été commandés par le sous-intendant militaire Louis Adrian. et en garde ce nom d' «Adrian ». Le casque Adrian était conçu pour protéger les soldats des éclats d'obus qui explosaient au-dessus des tranchées. La présence d'un cimier est une réminiscence des casques de cavalerie ; il est destiné à amortir des chocs venant par le dessus (le cimier s'écrase, puis le choc est transmis à la bombe du casque).

Comme la plupart des casques de cette époque, il n'avait pas la prétention d'arrêter directement une balle de fusil ou de mitrailleuse. Il ne pèse que de 670 à 750 grammes entièrement fini, il est plus léger que les casques allemands (Stahlhelm) et britanniques (casque Brodie) qui apparurent par la suite (février 1916 pour le casque allemand, fin 1915 pour le casque anglais).

 

 

Les bandes molletières et les guêtres

La bande molletière est une bande en drap de laine de couleur « bleu horizon » qui est enroulée autour du mollet. Elles deviennent réglementaires le 24 octobre 1914 et remplacent les jambières.

Il en existe trois types :

 
  • modèle octobre 1914- de forme droite et mesurant 2,60 m et 12 cm de large. Elle se fixe en haut du mollet par un ruban de 1 m 50 de long ;
  • modèle novembre 1917 - de forme droite et mesurant 2.75 m et 10,50 cm de large. Les bords sont liserés ou surjetés à l'aide d'un drap de laine de même couleur, ce qui ajoute à leur solidité et à leur tenue sur le mollet. La longueur du ruban est réduite de 20 cm ;

Les bandes molletieres

  • modèle civil ayant été utilisé en parallèle dès octobre 1914-mesurant 2,20 m, leur largeur varie de 7.30 cm aux extrémités à 14.50 cm au centre. Cette forme galbée leur confère une meilleure tenue autour du mollet. 

 

Jean-Claude Renard

 

La victoire grâce au Fusil du Poilu de 14/18

Nicolas Lebel fut l'un des concepteurs de l'emblématique fusil de la guerre 14/18. Ce fusil, modèle 1886 fut le fidèle compagnon du Poilu. Celui, dont le nom est attaché à ce fusil, ne verra jamais le premier conflit mondial !

Il est né dans la Meuse à Saint-Mihiel en 1838. Son père était maître-tailleur; sa mère marchande. Nicolas Lebel, au brillant parcours scolaire, intègre l'école militaire de St Cyr en 1855, 40e promotion baptisée « Prince Impérial » en l'honneur de la naissance du fils de l'empereur Napoléon III et de l'impératrice Eugénie le 16 mars 1856.

En 1870, le capitaine Lebel commandant une compagnie du 58e.Régiment d'Infanterie de ligne, est fait prisonnier après la bataille de Sedan, et est envoyé en captivité en Allemagne durant 2 mois seulement (septembre-novembre 1870).

En 1883, il est lieutenant-colonel et est nommé commandant de l'école de tir au camp de Châlons-en-Champagne. Il est alors nommé membre d'une commission, présidé par le général Tramond, devant élaborer un nouveau fusil destiné à l'infanterie pour remplacer le fusil « Gras », mis en service en 1874.

Fusil lebel 1a

Nicolas Lebel travaille en particulier sur la balle qui doit fonctionner avec de la poudre sans fumée mise au point par le chimiste Paul Vieille. Lebel eut alors l'idée de recouvrir la balle de 8 mm, calibre retenu pour ce nouveau fusil, de maillechort (alliage de cuivre, nickel et zinc). 

En 1887, colonel, il commande le 120e régiment de ligne à Sedan.

En 1890. le colonel Nicolas Lebel, suite à des problèmes de santé quitte l'armée. Il se retire en Nie et Vilaine et meurt dans sa maison de Vitré le 6 juin 1891, il a 53 ans.

Il ne connut donc jamais l'effet du fusil Lebel. passé à la póstente par les Poilus.

Oswald Calegari

 


La bataille des Dardanelles

19 février 1915 - 9 janvier 1916

Après l'euphorie de la mobilisation générale du 1er août 1914 « à Berlin pour Noël ! », l'illusion renforcée par la victoire presque inespérée de la bataille de la Marne le 12 septembre 1914, il fallut vite déchanter. La guerre s'annonçait plus longue que prévue, chacun s'accrochant au terrain. La guerre de position en tranchées commençait, elle allait durer quatre longues années. 

C'est alors qu'une idée germa dans l'esprit de plusieurs responsables politiques anglais et français dont Winston Churchill, premier lord de l'Amirauté, Lloyd Georges, Chancelier de l'Échiquier, Kitchener, ministre de la guerre anglais... et du Président Raymond Poincaré. 

Cette idée consistait à créer un second front dans les Dardanelles de façon à prendre à revers les armées allemandes pour soulager le front ouest et accessoirement assurer le ravitaillement en armes et munitions de la Russie dont le seul accès possible était le détroit des Dardanelles permettant d'accéder à la mer Noire. La faiblesse supposée de l'armée ottomane, alliée des puissances de l'Axe, nourrissait tous les espoirs. 

Mais cette idée ne convenait pas aux chefs militaires anglais et français qui ne voulaient pas dégarnir leurs positions, pas plus qu'aux amiraux qui voulaient garder la maitrise des mers en Europe, surtout en Mer du Nord. 

Après de nombreuses hésitations il fallut attendre février 1915 pour envoyer une flotte franco-anglaise afin de bombarder les batteries turques conseillées par des experts allemands qui eurent ainsi le temps de renforcer leurs défenses... et truffer de mines le détroit des Dardanelles dans sa plus faible largeur près de Canakkalé (environ 1,5 Km !). Ces premières interventions eurent peu, sinon, aucun effet sur les positions turques. 

Devant ce demi-échec les alliés renforcèrent leurs escadres par l'envoi de 18 cuirassiers, croiseurs et destroyers sous les ordres de l'amiral Guépratte et du vice-amiral Robek, pour bombarder de nouveau les positions turques considérablement renforcées. 

Cette nouvelle attaque navale a aussi tourné au désastre avec la mise hors de combat de deux cuirassiers britanniques et un français, le « Bouvet » qui a heurté une mine et coulé en deux minutes avec 600 hommes à bord. 

Ne pouvant attaquer par la mer, décision est prise d'attaquer les turcs sur terre. Un débarquement est effectué le 25 avril au sud de la presqu'ile de Gallipoli. Les combats durèrent jusqu'au 9 janvier 1916 sans succès notoire. L'armée turque était commandée par un général allemand Limon Von Sanders... et un colonel devenu Général, un certain Moustapha Kémal qui allait être le premier Président de la Turquie. 

Les troupes britanniques étaient surtout composées de Néo-Zélandais et d'Australiens (les ANSACS) pour lesquels la date du 25 avril est la cérémonie militaire la plus importante, avant le 11 novembre car cette date est un élément fondateur de l'identité australienne et néo-zélandaise. 

Malgré l'héroïsme des troupes franco-britanniques engagées, la campagne des Dardanelles s'est heurtée à un ennemi opiniâtre qui n'a pas cédé un pouce de terrain. L'objectif recherché n'a donc pas été atteint. Le théâtre des Dardanelles a été complètement évacué le 9 janvier 1916. Ce qui restait des troupes a été dirigé sur Salonique en Grèce pour renforcer l'armée serbe attaquée par la Bulgarie qui s'était alliée aux troupes de l'Axe. Elles formèrent ce qui allait devenir l'armée d'Orient dans laquelle nos Spahis se sont particulièrement bien comportés malgré des conditions effroyables dues au terrain montagneux et au climat. Cette armée d'Orient sous les ordres des généraux : Sarrail. Guillaumat puis Franchet d'Espéray combattit jusqu'au 29 septembre 1918 forçant la Bulgarie à signer l'armistice. 

Le nombre de morts de la campagne des Dardanelles varie selon les sources de 100 à 180 000 soldats alliés tués dont 26 à 30 000 français sans compter les morts par maladie au nombre de 145 000 britanniques et 65 000 ottomans.

 

Sources : Wikipédia et archives personnelles.

 

Gérard Colliot

 

Les femmes dans la guerre 1914/1918

 

 

En 1914, environ 8 millions de femmes travaillaient déjà. Dès le mois d'août 1914, les hommes sont mobilisés au front. La France manque de main d'œuvre. Cette guerre va prouver l'importance de la femme dans la société. Elle va jouer un rôle primordial sur le front, comme à l'arrière.

Les femmes au foyer et au travail

 Les femmes doivent gérer le foyer, s'occuper de la famille, faire face au rationnement et au manque de nourriture. Difficile aussi de se chauffer. Elles vivent dans la peur de perdre un être cher : un fils, un mari, un frère... et sont dans l'attente de nouvelles du front.

Elles se mobilisent afin de remplacer les hommes dans les usines, notamment les usines de guerre et de munitions qui embauchent plusieurs centaines de milliers de "munitionnettes". Elles sont agricultrices, conduisent des attelages, deviennent "maréchal-ferrand", garde champêtre, boulangère, comme Madeleine Deniou d'Exoudun qui. avec son fils, faisait 400 kg de pain par jour....

Madeleine denioux

 Elles font face à de lourdes responsabi­lités auxquelles elles n'étaient pas préparées. Elles sont aussi ouvrières, couturières, insti­tutrices, conductrices, ramo­neurs et se mobilisent dans tous les secteurs. Leur soutien aux hommes partis au front est total.

En 1915, il y avait environ 2500 femmes conductrices de tram-ways parisiens.

Les infirmières

Malgré les risques encourus, elles n'étaient pas rémunérées. Elles secondaient les chirurgiens, administraient les médi­caments (souvent remplacés par des produits moins chers et peu efficaces) aux blessés, les aidaient dans leur toilette. Leurs outils étaient sommaires. Vêtues d'une blouse blanche avec, pour insigne, une croix rouge (symbole de la Croix Rouge Française), pour indiquer leur qualification. Certaines installèrent leurs tentes à proximité des champs de bataille et. malgré le danger, participèrent au transport des blessés jusqu'aux hôpitaux.

Les religieuses, s'improvisaient infirmières et se dévouaient auprès des blessés. On les appelait les "anges blancs. 

 

Deux Héroïnes parmi tant d'autres 

Louise de Bettignies

Louise de Bettignies (surnommée la Jeanne d'Arc du Nord) est née le 1 5 juillet 1880. Dès 1914 elle se distingue en distribuant de la nourriture aux soldats malgré les tirs allemands. Elle est engagée comme infirmière à la fin de l'année 1914 avec, pour mission, de réconforter les soldats en écrivant à leurs proches.

Son frère lui fournit des papiers au nom d'Alice Dubois. - elle créé alors une organisation d'une vingtaine de personnes chargées de surveiller les mouvements des troupes allemandes de la Région de Lille. Le réseau arrive à faire passer clandestinement des hommes et du courrier en Angleterre.

Louise de Bettignies

Durant l'été 1915, elle met au point un système de localisation qui permet de déterminer les positions allemandes. Plusieurs canons furent détectés, ce qui fit dire aux allemands "elle valait un corps d'armée"

Louise de Bettignies est arrêtée le 20 octobre 1915 à Tournai. Elle est jugée et condamnée aux travaux forcés, décision qu'elle accepte mais demande la libération de ses co-détenus.

Edith Cavell

Edith cavell

Edith Cavell. fille de pasteur, née en 1865 en Angleterre, obtient un diplôme d'institutrice et exerce à Bruxelles comme nourrice. De retour en Angleterre pour soigner son père malade, elle obtient un diplôme d'infirmière en 1895. Dès 1906. elle va exercer à l'Institut de Chirurgie et diriger une école d'infirmières à Bruxelles.

En 1914, quand la première guerre mondiale éclate, l'école et l'institut sont repris par la Croix Rouge. Dès l'invasion de la Belgique par l'Empire allemand. Edith Cavell. ses élèves et miss Wilkins. une autre infirmière anglaise, soignent alors les blessés des armées alliées et allemandes. Son établissement est transformé en un centre d'aide aux soldats français, belges et anglais, désireux de rejoindre l'armée en passant par les Pays-Bas;

Edith Cavell devient alors un agent important de ce réseau d'évasion vers la Hollande via Bruxelles. L'activité de ce groupe clandestin s'intensifie... Les soldats sont pris en charge par la princesse Marie de Croy- Bellignies. puis conduits auprès d'Edith Cavell où ils reçoivent vêtements et papiers avant de rejoindre leurs armées. Ce travail permet à 200 personnes de s'évader de la zone d'occupation allemande de novembre 1914 à juillet 191 5.

En juin 1915 deux hommes se présentent à l'Institut comme soldats français. L'un d'eux est Georges Gaston Quien. l'autre est un agent allemand infiltré se prétendant aviateur. Les arrestations des membres du réseau débutent le 31 juillet par celles de Phlippe Baucq et Louise Thuliez. puis le 5 août par celles d'Edith Cavell. de la comtesse Jeanne de Belleville et de la princesse Marie de Croy. Louise de Bettignies sera. elle, arrêtée le 20 octobre. Edit Cavell est condamnée à mort et exécutée le 12 octobre 1915. 

Les marraines de guerre - la correspondance

Alors que les hommes étaient au front en train de se battre, des femmes appelées "marraines de guerre" soutenaient les soldats. Cette institution fut créée afin de leur apporter un soutien moral.

Les marraines de guerre écrivaient, entre autres, des lettres d'encouragement, envoyaient des colis aux soldats avec de la nourriture, du tabac et rencontraient certains d'entre eux pendant leur permission. Ces marraines de guerre étaient en quelque sorte, pour certains soldats, un lien fort avec le monde ou même une seconde famille.

Aline Mahiout

 

La petite histoire des combattants en 1915 

Si, à la déclaration de la guerre, l'armement des soldats français, le fusil Lebel (la pétoire, le flingot), sa célèbre baïonnette « Rosalie» (fourchette, cure-dent, épingle à chapeau) et les canons de 75 mm étaient du niveau de l'ennemi et redoutablement efficaces, le fantassin de 1914-1915 était sous-équipé par rapport à l'allemand.

Le « Pioupiou » avec sa capote bleue, son képi et son pantalon rouge, constituait une cible facile au combat.

En 1915, enfin, la tenue complète devint « gris-bleu horizon ». Remplaçant le képi rouge, le casque Adrian M 1915, conçu dans l'urgence en acier d'un millimètre d'épaisseur, avec une arête de renfort et une bordure, équipait tous les combattants à partir de septembre, afin de les protéger contre les éclats d'obus. Portant sur le devant, en effigie, une grenade gravée « RF », il devint l'ami inséparable du poilu.

Commandés par l'intendant militaire Adrian qui lui donna ainsi son nom, ils furent fabriqués à plus de 20 millions d'exemplaires. Les Belges, les Italiens, les Polonais, les Russes et les Serbes l'adoptèrent.

En janvier 1916, à Verdun, après leur casque à pointe, les Allemands fabriquèrent leur propre casque an acier, plus enveloppant, plus épais, deux fois plus lourd que le nôtre. Ce modèle restera quasi identique jusqu'en 1939.

Passons rapidement sur les célèbres bandes molletières, censées protéger le bas des jambes et que l'on peinait à enrouler sur le tibia. Longues de 2,75 mètres, elles avaient énormément de mérite à tenir en place.

Signalons aussi les brodequins cloutés modèle 1912, fabriqués à 50 millions d'exemplaires, protégés au talon par 18 clous caboche à tête carrée et 58 clous bombés pour les semelles, quantité régle­mentaire à surveiller par le soldat (attention à ses « croquenots »).

Brodequins cloutes modele 1912

Il semble que l'appellation populaire de « godillots » vienne du fabricant. Souvenons-nous de la chanson de marche : « les godillots sont lourds dans le sac, les godillots sont lourds... » Dans le sac ou le barda de 30 kilos !.

Le bidon modele 1915

 Petit à petit, les généraux se sont souciés d'améliorer le paquetage du soldat. Les combattants ont certainement vécu avec intensité et discussions, dans les tranchées, les évolutions des objets guerriers de leur vie quotidienne. Prendre soin de la tête, des jambes, des pieds, c'était très bien, mais on va aussi s'occuper de protéger le moral du soldat, grâce à un objet de première nécessité. Il s'agit du bidon rempli d'eau pour la soif. En 1914, le bidon, modèle 1898 d'un litre est distribué , mais il est remplacé, dès 1915. par un nouveau de deux litres, en tôle, avec deux goulots, un grand pour le remplissage . un petit pour boire à la régalade, fermés de bouchons en bois. Il est recouvert d'une housse en drap bleu horizon et doté d'une courroie de transport en cuir, à passer sur l'épaule. Il est accompagné d'un grand quart avec anse. Précisons qu'un modèle collectif, le bouthéon, contenait les rations pour quatre hommes.

Au début de la guerre, le fantassin perçoit simplement de l'eau pour accompagner le rata, la boule de pain et la boîte de singe. Début 1915, pour le moral, le commandement attribue une ration de vin rouge français (le pinard, le pic-muche, le picrate, l'aramon, l'antidérapant, la vinasse), d'un demi litre par jour et par homme. La soif aidant avec la débrouillardise et l'aide de l'intendance, le poilu emporte souvent plusieurs bidons.

Quand on porte sur le dos un barda de 30 kilos, on n'est plus à çà près.

Deux kilos de plus pour le moral !

Combien de belles chansons sont-elles nées de ce breuvage des dieux ?

On dit même que c'est grâce à lui qu'on a gagné la guerre !

Jean-Claude RENARD

CITATIONS

G. Clemenceau :

"Une vie est une œuvre d'art. Il n'y a pas de plus beau poème que de vivre pleinement. Echouer même est enviable, pour avoir tenté". 

Père Brottier :

A la question : "quel est l'objet qui vous est le plus cher ?" Le Père Brottier a répondu :

" Ma croix d'aumônier ! Gardez-la précieusement, car elle a été un témoin muet pendant la guerre.Sur cette croix, combien de lèvres de mourants se sont collées! Et reçu le soupir de tant de soldats! Elle a maintes Fois touché leur pauvres poitrines trouées, labourées, déchiquetées: je puis dire que si le cordon de cette croix pouvait exprimer tout le sang dont elle est imbibée, l'eau dans laquelle on la tremperait deviendrait toute rouge. "

  
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