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La guerre 1914-1918

Les opérations en 1914 sur le front ouest

Dès la fin de juillet 1914, les événements se précipitent. L’Autriche rend la Serbie responsable de l’assassinat à Sarajevo, de l’archiduc héritier François-Joseph et de son épouse. Rejetant la réponse serbe à son ultimatum du 23 juillet, elle déclare la guerre à la Serbie le 28, et bombarde Belgrade le 29. Le jeu des alliances diplomatiques va entrainer l’Europe dans une conflagration générale. D’un côté la Triple Entente (la Grande-Bretagne ,la Russie et la France), de l’autre la Triplice (l’Autriche-Hongrie, l’Allemagne et l’Italie). L’Italie en signant le pacte de Londres en avril 1915 avec les représentants de la Triple Entente s’engagera  à entrer en guerre contre les Empires centraux en  contre partie  de compensation territoriale  Du Danube au Dniepr, du Pacifique à l’Atlantique, de la Grèce au Danemark, les télégrammes préparés sont envoyés entre Etats  et les cloches sonnent le tocsin dans la plupart des pays européens. Le 29, la Russie mobilise partiellement le long de la frontière autrichienne et les deux empires décrètent le 30, la mobilisation générale. Le 31, l’Allemagne proclame le Kriegsgefahrzustand (état de danger de guerre) et le 1er août, à 17 heures, signe l’ordre de mobilisation générale présenté par le chef d’état-major général von Moltke. A Paris, à 15h30 le gouvernement lance l’ordre de mobilisation générale et ordonne pour éviter tout incident , de replier les troupes à 10 kilomètres de la frontière.

Le 2 août, l’armée allemande envahit le Luxembourg .Le 3 août, l’Allemagne déclare la guerre à la France et l’armée allemande commence l’invasion de la Belgique. Le 4 août, le Royaume-Uni déclare la guerre à l’Allemagne et prépare l’envoi de troupes sur le continent.

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Le plan de guerre allemand –plan Schlieffen- prévoit une attaque massive par la Belgique, afin de contourner par l’ouest française massée face à l’Alsace et la Lorraine. L’aile droite de l’armée allemande devait balayer l’armée belge, puis marcher rapidement vers Paris et le contourner à l’ouest. Elle devait ensuite se rabattre vers l’est pour prendre l’armée française en tenaille. Cette opération devait être terminée rapidement , c'est-à-dire avant que l’armée russe , opérant à l’est, ne soit prête. La mobilisation de l’armée russe était estimée à six semaines. Une fois vainqueurs des Français, l’armée allemande ferait face à l’est et écraser l’armée russe.

 Le 5 août commence l’encerclement par les Allemands de la fortifiée de Liège en Belgique. La résistance durera jusqu’au 16 août et fait gagner de précieuses journées qui permettent de déplacer des troupes françaises vers la Belgique et de ralentir le mouvement de l’armée allemande. Le 16 août l’armée belge se retire sur la place fortifiée d’Anvers.

Dans les Vosges et en Lorraine, la bataille des frontières débute. L’armée française prend l’offensive. Les offensives de la 1ère Armée (Dubail) et de la IIème Armée (Castelnau) qui se concluent par les échecs de Sarrebourg et de Morhange, obligent à un certain recul. Après lequel, elles se ressaisissent et reprennent, à la bataille de la trouée de Charmes(25 août), un avantage grâce auquel elles constitueront le pivot de la manœuvre de la Marne. Au centre, même insuccès de la IIIème Armée (Ruffey puis Sarrail) et de la IV ème (Langle de Cary) dans les rencontres de Longwy et des Ardennes. Dans le Nord enfin, la Vème Armée (Lanrezac) et l’Armée britannique sont forcées à la retraite à Charleroi et Mons. Le  24 août, le général Lanrezac ordonne le retrait vers le sud des troupes combattant en Belgique. Le 26 août de violents combats ont lieu entre Britanniques et Allemands au Cateau, de même entre Français et Allemands du 28 au 30 août dans la région de Guise. Afin d’échapper à la manœuvre d’encerclement imaginée par les Allemands, la retraite des troupes franco-britanniques se poursuit en direction du sud, conformément aux ordres du général Joffre.

A partir du 25 août , des unités allemandes sont retirées du front occidental pour parer à une offensive russe en Prusse-Orientale. L’avancée allemande commencera à s’essouffler et permettra au haut-commandement français de se réorganiser

 

.Le 4 septembre ,les armées franco-anglaises présentent un arc-de- cercle, concave vers le Sud, du nord de Paris à Verdun. La Ière Armée allemande s’oriente vers Château-Thierry présentant un flanc découvert . Le 5 septembre, le général Joffre décide d’arrêter la retraite et ordonne l’offensive générale. Menacée de débordement vers l’ouest , la 1ère armée allemande se reporte vers l’Ourcq et l’Oise, créant ainsi entre elle et la II ème armée un vide dans lequel s’élance, à un moment favorable,  la Vème armée  de Franchet d’Espérey. Le général Gallieni, gouverneur militaire de Paris, envoie également les troupes de la garnison  en taxi à partir de Paris vers la VIème Armée de Maunoury. Du 5 au 10 septembre de violents combats se déroulent sur la Marne.

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La victoire est acquise et l’offensive allemande est stoppée. Le 10 septembre, la retraite allemande, devant la VIème Armée de Maunoury, s’étend à tout l’ensemble du dispositif. Le commandement allemand parvient cependant  à souder de nouveau un front continu et ses troupes se retranchent sur l’Aisne

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Joffre tente alors de déborder le front allemand  en direction du nord vers la Manche et la mer du Nord. C’est alors  entre le 14 septembre et le 14 octobre la »course à la mer » Chacun des adversaires va chercher à devancer l’arrivée des renforts de part et d’autre  Les Français veulent également éviter un débordement par l’ouest et les Allemands souhaitent s’emparer du port de Calais , afin d’interdire l’arrivée de troupes britanniques et poussent une offensive dans la direction du port

Le 4 octobre, Joffre fait de Foch son adjoint  pour »coordonner en son nom l’action de nos forces entre l’Oise et la mer du Nord »

De furieux combats sont livrés sur l’Oise à Noyon et Lassigny, en Picardie autour de Roye et d’Albert par la IIème Armée de Castelneau, dans l’Artois au sud et au nord d’Arras par la Xème Armée de Maud’huy de formation nouvelle et  sur la Lys par les Anglais et les Français dans la région d’Ypres

Le 9 octobre, les Belges abandonnent Anvers où ils ont immobilisé pendant plusieurs semaines près de 150 000 soldats allemands et se replient derrière une ligne Ostende-Nieuport- Dixmude avec leur gouvernement. Presque tout le territoire belge est occupé par les Allemands. Le 14 ,l’armée belge est sur l’Yser et de violents combats ont lieu dans cette région du 15 au 27 octobre. Les  Belges inondent cette région volontairement avec l’ouverture des écluses de Nieuport pour enliser l’armée allemande Les Allemands  échouent dans cette bataille de l’Yser entre le 15 et le 31 octobre. Du 26 octobre au 15 novembre, les Allemands reportent leur effort sur le saillant d’Ypres pour séparer les Français des Anglais et se heurtent aux Français, aux Britanniques et aux Belges après des combats à Bixschoote, Langemark, Zonnebecke et au mont Kemmel. Ils échouent à nouveau, mais le 15 novembre arrivent à enlever Dixmude.

Un front continu s’étend alors sur 700 km de la mer du Nord à la Suisse. C’est la fin de la guerre de mouvements et le début de la guerre de position qui durera jusqu’en 1918.

 L’année 1914 sur le front de l’est

Le tsar lança l’offensive en Prusse-Orientale le 17 août, plus tôt que prévu par les Allemands. Deux armées russes pénètrent en Prusse-Orientale et quatre autres envahissent la province autrichienne de Galicie. Les Russes triomphent à Gumbinnen les 19 et 20 août contre les Allemands inférieurs en nombre qui étaient sur le point d’évacuer la région. Des renforts commandés par le général von Hindenburg remportent la victoire de Tannenberg les 27 et 30 août, confirmée lors de la bataille des lacs Mazures le 15 septembre, ce qui obligent les Russes se replier en direction de leur frontière. Mais le 20  octobre, lors de la bataille de la Vistule, les Allemands battent en retraite. Puis   devant la poussée des troupes allemandes sur Lodz ,qui sera prise le 6 décembre, les Russes cessent leur offensive et l’offensive allemande en Pologne russe est alors arrêtée avant Varsovie

A l’inverse, contre les austro-hongrois, après avoir reculé dans le sud de la Pologne lors de la bataille de Krasnik, les armées russes remportent en Galicie la victoire de Lemberg le 11 septembre puis s’emparent de Lvov et de la Bucovine et chassent les Autrichiens vers les Carpates. Le front se stabilise en novembre avec le siège de Przemysl.

Face aux Serbes, les Autrichiens cherchent à trois reprises à envahir la Serbie, mais sont repoussés et  défaits à Cer le 24 août. Les Serbes gagnent la bataille des monts Putnik le 7 décembre  et reprennent Belgrade occupée depuis le 6 novembre par les austro-hongrois après la bataille de Rudnik. Le roi Pierre de Serbie entre à Belgrade

L’Empire ottoman qui a rejoint les Allemands et les Autrichiens bombarde les côtes russes de la mer Noire et ouvre un nouveau front dans le Caucase.