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L’aviation militaire à Lyon durant la guerre 1914-1918

En 1914, les menaces de guerre se précisant, il fut décidé de regrouper les unités aériennes  dans l’Est de la France. C’est ainsi que le Centre  aéronautique de Bron sous les ordres du commandant Bouttiaux  vit s’éloigner ses escadrilles. L’escadrille HF 19 (Henri Farman) commandée par  le lieutenant Jolain rejoignit le terrain de Toul et fut affectée au 13ème Corps d’Armée de Nancy. L’escadrille MF 20 (Maurice Farman) sous les ordres du capitaine Gignoux quittait le terrain de Bron , en juillet 1914, pour celui de Dijon, et affectée au 14ème Corps d’Armée.

 Sur le plan national, au début des hostilités en août 1914, l’Aéronautique militaire comptait  3 500 hommes dont 240 officiers et sous-officiers , disposant de 150 appareils répartis dans 25 escadrilles à six avions.

Le terrain de Bron ne devait pas rester longtemps sans aviation militaire. En août 1914, le 2ème Groupe d’aviation quittait le terrain de Reims sous les balles de l’ennemi , et s’installait à Bron.

Les hommes de troupe logeaient  au Fort de Bron , dans divers cantonnements sous toile, dans les dépendances des batteries de Parilly et de Lesivas, ainsi que dans divers bâtiments réquisitionnés , et même chez l’habitant pour les officiers.

 Au printemps 1915, des casernements et des ateliers sont édifiés à l’est des glacis du fort de Bron , à l’emplacement de la future base aérienne. Sous l’impulsion du commandant Blaise, le 2ème Groupe d’aviation, forme des mécaniciens d’aviation, de mécanique générale, des monteurs d’aviation, des voiliers, des électriciens et des chauffeurs d’automobile. Une école de mécaniciens instruisit 6 000 élèves et l’école de chauffeurs automobiles compta un parc de 200 voitures pour l’instruction.

 Ces personnels étaient,  en grande partie, recrutés parmi les blessés de guerre et hommes du service auxiliaire. Il faut savoir que la région lyonnaise accueillait un grand nombre d’hôpitaux auxiliaires où les blessés passaient leur convalescence , ainsi que les établissements spécialisés dans la rééducation  et l’appareillage des amputés.

 Le 2ème Groupe d’aviation , implanté à Bron, constituait en quelque sorte un réservoir de spécialistes qui côtoyaient les ateliers d’aéronautique civile installés sur le même terrain de Bron, mais à l’opposé des installations militaires.

 En 1915, depuis le repli des industriels parisiens devant la menace ennemie, la région lyonnaise devint un centre très important de l’aéronautique française. Sur le terrain de Bron sont édifiés les ateliers de montage des principaux constructeurs d’avions de l’époque : Farman, REP, Caudron, Voisin, Letord, Borel, Atlas Aviation, etc…. L’effort de guerre fut très important à Lyon et dans sa banlieue. Tous les niveaux de l’industrie,  des grands fabricants aux sous-traitants, contribuèrent au développement industriel.

De nombreux ateliers situés dans le 3ème , 7ème (de l’époque) arrondissement de Lyon et de Villeurbanne acheminèrent les voilures, les plans, trains d’atterrissage, moteurs et équipements divers  vers le terrain de Bron où avait lieu le montage et l’essai des appareils.

 La présence du 2ème Groupe  d’aviation et des ateliers de montage et d’essais permit la formation d’une vingtaine d’escadrilles.

En décembre 1916 fut créée l’escadrille 442 dite »escadrille de Meyzieu » chargée de la défense aérienne de la région lyonnaise. Elle était implantée au milieu des champs, aux limites de Meyzieu et de Jonage. Elle sera dissoute en 1919.

 A la fin des hostilités, en novembre 1918, l’Aéronautique militaire comptait 8 200 pilotes ,1 000 observateurs et 1 200 mécaniciens disposant de 3 400 avions répartis en 258 escadrilles dont 126 d’observation, 80 de combat et 52 de bombardement ;

( extrait de l’ouvrage »L’Aviation militaire à Lyon-Bron de 1912 à 1972 » de Paul Mathevet