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1914 - 1918 Massif Vosgien dans la tourmente

Le 21 février 1916, commence la Bataille de Verdun qui va durer jusqu’au 19 décembre 1916.

Du 1er juillet au 18 novembre 1916, se déroule la Bataille de la Somme. Verdun et Somme, les 2 batailles les plus meurtrières de la Première Guerre mondiale.

Mais, plus au sud, dès la déclaration de guerre le 3août 1914, a commencé la Bataille des Vosges, théâtres d’opérations certes secondaires. Les Vosges qui séparent la Lorraine de la plaine alsacienne, constituent le seul massif montagneux du Front Occidental de la Grande Guerre. Par voie de conséquence, il sera le seul endroit concerné par des combats en montagne, nécessitant l’emploi de régiments d’infanterie très aguerris, quelques soient les conditions climatiques, particulièrement rigoureuses en hiver.

Dès le 7 août, les troupes françaises franchissent la frontière et pénètrent le 8 août à Mulhouse. Les allemands, ne pouvant laisser occuper la principale ville d’Alsace du sud, réagissent rapidement. Une violente contrattaque obligent les troupes françaises à se replier sur leur base de départ.

Alors que pendant ce temps, le 4 septembre, les armées allemandes arrivent à Meaux, aux portes de Paris et que la controffensive menée par le général Joffre permet à l’armée française de remporter la première bataille de la Marne et de desserrer l’étau. Dans les Vosges, les français se rendent maitre de tous les cols. Certaines patrouilles descendent même dans les vallées alsaciennes et occupent plusieurs villages

C’est surtout en 1915 que les opérations militaires vont être les plus meurtrières dans le massif vosgien. Dans la vallée de Munster, le village de Mittlach est repris aux allemands le 21 avril 1915 et restera possession française jusqu’à la fin de la guerre. Afin de mieux assurer la communication entre les différentes vallées du massif vosgien, le Haut Commandement français décide de créer une route stratégique traversant le massif du nord au sud. Partant du col du Bonhomme au nord, elle rejoint le Grand Ballon, sommet des Vosges à 1424 m *. Puis, peu à peu, le front va se stabiliser. La guerre de position commence, ponctuée par de violents combats locaux pour la possession de secteurs importants.

Citons, en particulier, les combats suivants en partant du nord au sud.

- La Chapelotte (cote 542 m) est situé entre le Donon et Raon-l’Etape. C’est à cet endroit qu’est abattu le Zeppelin n° 8 le23 août 1914. Par la suite, il est l’objet de violents combats qui durent près de 30 mois. En plein hiver, le 27 février 1915, les allemands lancent une violente attaque afin de se renforcer dans ce secteur et enlèvent cette position. Ils figent alors le front et effectuent des travaux de grande ampleur.

- La Chipotte, au sud de Raon-l’Etape, est le théâtre de lutte acharnée entre français et allemands à partir du 26 août 1914. Chacun cherchant à s’établir sur des positions plus favorables. La bataille se termine le 12 septembre 1914 par une victoire française. Mais une grande partie du territoire vosgien demeure occupée par les allemands.

- La Fontenelle, au nord de Saint-Dié-des-Vosges, est occupé par les français. C’est là que se fixe le front le 12 septembre 1914. Le 23 juin 1915, appuyée par l’artillerie lourde, les allemands infligent une sévère défaite aux français et s’emparent de la position. Un mois plus tard, à la suite de violentes contre-attaques, les troupes françaises reprennent possession du terrain, en faisant 1500 prisonniers. Malgré l’acharnement des allemands, les positions restent figées jusqu’à la fin de la guerre.

- La Tête du Violu (994 m) est située au sud du Col de Sainte-Marie-aux Mines. Dès le 8 août, une division française franchit le col en direction de Sélestat. Elle est refoulée par les allemands qui prennent position sur le col. Ils fortifient cette position en bâtissant des casemates et de nombreux ouvrages bétonnés, en bénéficiant de facilité de transport grâce à un téléphérique. La guerre des mines fait rage sur les sommets voisins. C’est une des caractéristiques du conflit dans cette région. Les unités de génie de chacune des deux armées creusent sans relâche des galeries à des profondeurs quelquefois importantes afin de parvenir sous les positions ennemies, y déposer des charges explosives et détruire les tranchées adverses. A partir de l’été 1916, une division américaine prend position dans ce secteur qui demeure relativement calme.

- La Tête des Faux (1220 m), est situé au sud du Col du Bonhomme. Le 2 décembre 1914, 2 bataillons de chasseurs alpins et un bataillon d’infanterie prennent d’assaut la Tête des Faux tenue par des unités bavaroises. La nuit de Noël 1914, les allemands lancent une violente contre-attaque. La bataille s’engage dans une épaisse couche de neige. Le bilan est lourd, 600 hommes des deux armées sont mis hors de combat en une seule nuit. La position reste française et les allemands s’installent en contrebas en renforçant leurs lignes de tranchées.

- Le Linge, domine la vallée de Munster. Dès le mois de septembre 1914, cette région est le théâtre de combats sanglants au cours desquels les français arrachent une victoire en juin 1915. Dès le 20 juillet 1915, les bataillons de chasseurs alpins lancent de nouvelles attaques sur le massif du Linge, mais buttent contre les tranchées allemandes réalisées en béton. A partir de novembre 1915, le front se stabilise. Mais les combats auront couté la vie à 17000 hommes, français et allemands.

- L’Hartmanns-Willerkopf (956 m - HK pour le commandement allemand ou Vieil Armand pour les français) est un éperon rocheux qui surplombe le sud de la plaine d’Alsace. Il constitue une position stratégique importante qui fera l’objet de plusieurs batailles s’échelonnant du 26 décembre 1914 au 9 janvier 1916. Durant cette période, le sommet change 8 fois de mains, par une succession d’attaques et de contre-attaques, causant la mort de quelques 30000 hommes dans les deux camps. Les aménagements, casemates, galeries et abris bétonnés, transformant le sommet en forteresse, sont les plus importants réalisés dans le Massif Vosgien.

- A noter que durant la seconde guerre mondiale, le massif vosgien sera à nouveau l’enjeu de combats meurtriers pendant l’hiver rigoureux 1944 – 1945.

* La Route des Crêtes, tracée constamment au voisinage de la ligne de crête, est devenue une des plus belles routes touristiques de la région, permettant d’admirer les paysages les plus caractéristiques de la chaine des Vosges.

 

G. Karsenty – Président des CMVA du Rhône (Source : Tourisme de Mémoire - Le Front des Vosges)